BILLETS

Projet de champ de capteurs solaires sur un terrain de la Ville de Tours

dit "La Lande"

En 2013, la société JUWI spécialisée dans le développement des EnR, s’est proposée de réaliser un champ de capteurs solaires capable de produire 12 000 MWh/an soit une Production d'électricité équivalente à 4000 habitants. Cette réalisation devait se faire sur un terrain de la ville de Tours situé sur le territoire de Larçay, jouxtant le bois des Hâtes et le long de la ligne de TGV. L’enjeu environnemental permettait d’économiser 85 000 tonnes de CO2. Cette société a été rachetée depuis lors par un groupe allemand.

Dans cette perspective, un bail emphytéotique a été signé entre la ville et la compagnie JUWI avec une clause suspensive d’obtention du permis de construire purgé de tout recours (décision définitive). Le Préfet d’Indre et Loire, par arrêté en date du 16 septembre 2014 accorde à la Société  un permis de construire.

Les deux associations environnementale de Tours, la Sépant et la LPO, ont saisi le tribunal admiratif d’Orléans et ont demandé d’annuler ce permis. Par décision en date du 27 janvier 2017, le tribunal a fait droit à la demande. La Ste JUWI a fait appel et la cour de Nantes vient de statuer ; elle a confirmé en toutes ses dispositions la décision du Tribunal de première instance.

Au-delà de cette décision qui nous prive depuis le début de notre mandat d’une recette de  90 000€/an, des décisions sont à prendre pour l’exploitation et l’entretien de ce domaine de 33 ha.

Tours, le 12 janvier 2018 

La gestion de projets

Dès 2008, Serge BABARY s'est entouré d'une équipe afin de se préparer à l’élection municipale. Il a organisé des groupes de travail par thématique (culture, sécurité, mobilité, santé, etc). Ce dispositif s'est renforcé et accéléré au fil du temps et à servi de base à l'élaboration du programme du groupe politique "Tours Ensemble".

Une fois élu, ces projets se sont transformés en objectifs et régulièrement, le Maire contrôle l'état d'avancement. À ceux-là, s'ajoutent les engagements de la commission d'embellissement (place Châteauneuf), les programmes de construction (crèche Leccia, le CCCOD, Porte de Loire, etc). C’est ainsi qu’à mi-mandat, plus de 110 réalisations ont été présentées lors d’une conférence de presse et dans une édition spéciale de Tours et Moi.

D'autres opérations plus structurelles telles que la maison de la réussite ou la rénovation urbaine du Sanitas ont été engagées. Quand plusieurs services sont impliqués, un comité de pilotage est constitué avec pour mission d'élaborer le projet, de chiffrer le coût, d'établir le planning et d'en suivre l'avancement.

À cet inventaire, il faut ajouter les projets Métropolitains ; ils sont nombreux, importants et par nature, collectifs (assainissement, déchets, énergie, voirie et infrastructure et transport).

Nous œuvrons pour que notre belle ville de Tours soit tournée inexorablement vers le XXIème siècle, c'est à dire qu’elle soit inclusive, attractive, productive, résiliente, et durable. Voilà notre ambition !

TOURS METROPOLE - C'est fait !

C’est fait ! Tour(s) Plus sera métropole à compter du 1er janvier 2017. Nous avions fait le pari de rentrer dans le cercle des grandes agglomérations ; c’est donc chose faite.

Quels sont les enjeux et les perspectives ?

Ce statut va nous permettre d’avoir de nouvelles ambitions pour nos collectivités, notre hôpital, notre université, notre aéroport, nos équipements sportifs et culturels, nos moyens de transport.  Avec l’Etat et la Région, nous serons assis à la même table pour défendre nos politiques territoriales et nos emplois. Notre voix sera plus audible et plus conséquente.

Nous aurons des dotations financières à la hauteur de nos ambitions, soit environ 7,5 millions d’euros par an pour les premiers exercices. A nous de faire les bons choix afin que la métropole devienne un véritable pôle d’attractivité fort. Osons construire des partenariats ambitieux entre les collectivités, le monde économique et scientifique. Inventons un territoire dynamique tourné vers l’avenir et plaçons la jeunesse au cœur de notre action publique.

Enfin, l’image de notre collectivité sera renforcée. Dans notre monde ou l’information prend une place prépondérante, nous devons démontrer notre dynamique aux décideurs grâce à nos vraies compétences, nos talents audacieux et notre hardiesse innovante. Cette image est très complémentaire avec la qualité de la vie et la douceur de vivre que nous revendiquons.

Tourangelles et Tourangeaux, soyons fiers de notre nouvelle collectivité et vive Tours Métropole !

L'avenir énergétique de la France

CE QU’IL FAUT SAVOIR : Toute production d’énergie a un impact néfaste sur l’environnement. Des choix drastiques doivent être pris pour éviter l’irréversible. A cet égard, l’extraction de gaz de schiste par fracturation hydraulique est à proscrire dans l’état actuel de la technique utilisée. Elle est trop polluante pour le sous-sol (adjuvants) pour l’atmosphère (échappement de méthane) et le coût d’investissement par rapport à la durée d’extraction n’est pas satisfaisant.

 

LA TRANSITION ENERGETIQUE : le vocable « transition » n’est pas adapté à notre situation car on ne passe pas d’un état à un autre mais il convient de faire des choix stratégiques pour envisager notre avenir énergétique à court, moyen et long terme pour :

1. Economiser les énergies fossiles

2. Diminuer massivement l’impact carbone

3. Répondre à l’obligation de service publique et anticiper les évolutions.

4. S’inscrire dans un nouvel ordre sociétal « le développement durable »

5. Répondre aux impératifs de la démographie.

6. S’inscrire dans la perspective d’une Europe Energétique.

 

L’HEURE DES CHOIX : les choix sont difficiles à faire car la situation actuelle est complexe, les différents acteurs, experts et associations ne sont d’accord sur rien et il n’y a pas de solutions miracles. Des choix politiques devront être pris courageusement afin que le mix énergétique soit varié, équilibré et réponde aux besoins actuels et futurs des usagers.

 

TORDONS LE COU AUX IDEES RECUES : L’indépendance énergétique est un leurre car aujourd’hui, aucune source d’énergie n’est Française sauf le charbon (très partiellement). Si nous maîtrisons bien la production d’électricité nucléaire, nous importons la totalité du combustible (uranium).

1 - Un rendement aléatoire : le rendement des centrales nucléaires est le plus mauvais des systèmes de production d’électricité (32 à 33 %). Pour RTE en 2013 les pertes ont représenté 11 TWh et environ 2,21 % de l'énergie transitée. Pour ERDF les pertes représentent 20 TwH soit 6% environ de l'énergie acheminée. Par contre, le projet des nouveaux réacteurs EPR permettra d’augmenter le rendement thermodynamique sur le circuit secondaire en augmentant la pression de 65 à 78 bars pour in fine améliorer le rendement global de 5 à 6 %.

2 - La production et la consommation d’électricité : la production d’électricité ne représente que 22 % des énergies disponibles en France. Affirmer que le nucléaire représente 43 % « d’électricité primaire » relève de la malhonnêteté intellectuelle. La consommation d’électricité a augmenté de 430 % depuis 50 ans ; depuis 3 ans, la production nette d’électricité a légèrement diminué. La consommation par an et par habitant stagne depuis 2004 à environ 7700 KWh. Est-ce l’esquisse d’une décroissance, d’une asymptote ou d’un point d’inflexion ?

ENERGIE ET GEOPOLIQUE :

 

1 - Vers une politique glocale : Les contraintes de la gestion de l’énergie électrique sont paradoxales car la source doit être la plus proche de la consommation (locale) alors que la logique de production doit être (globale). On pourra dire que la meilleure solution est glocale. A partir de cet axiome, un savant maillage doit être imaginé entre producteurs et consommateurs, ce qui inclut tous les problèmes de gestion de la qualité, de la quantité et de la régulation de l’énergie électrique ; c’est le travail de RTE.

2 - Vers une politique Européenne de production d’électricité : Le traité de Lisbonne a placé l’énergie au cœur de l’activité Européenne. La collaboration Franco-allemande a été significative dans la recherche sur les EPR. RTE, filiale d’EDF gère à l’heure actuelle 45 connexions avec les pays étrangers tels que l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne, etc. Par ailleurs, la commission Européenne vient de proposer de renouveler et de renforcer l’entreprise commune « Piles à combustible et Hydrogène » lancée en 2008. Ce partenariat privé-public est doté jusqu’en 2020 d’un budget de 1,4 milliard d’Euros. Cette organisation a déjà permis de rassembler plus de 430 participants (146 organisations de recherche, 161 universités, 123 entreprises et l’air liquide préside cette entreprise commune).

3 - La mondialisation des ressources énergétiques et de la R&D : Aujourd’hui, EDF et ses filiales collaborent avec l’Angleterre, la Chine, les USA, l’Italie, la Pologne, les Pays bas et la Russie. D’ores et déjà, les travaux de recherche sur la pile à combustible sont partagés entre tous les chercheurs du monde entier. Selon les constructeurs de véhicules automobiles, les premières voitures électriques à partir de l’hydrogène et de la pile à combustible devraient être commercialisées à partir de 2015.

 

NOUVEAUX USAGES – NOUVELLES CONSOMMATIONS : Les TIC et en particulier les appareils nomades viennent aggraver la situation de notre consommation. Il y a aujourd’hui 62 millions de téléphones portables en France. A ce chiffre, il faut ajouter les tablettes (Ipad et autres), les appareils photos, les jeux vidéo, les caméscopes, etc. Globalement, on peut dire que ces nouvelles consommations sont compensées par l’économie réalisée par les constructeurs de matériel blanc (lave-linge, lave-vaisselle, réfrigérateurs, etc) grâce aux nouvelles exigences réglementaires de classement d’efficacité énergétique (et donc au renouvellement du parc). Néanmoins, l’évolution constante des TIC mériterait une analyse détaillée du parc existant et des évolutions annuelles des ventes afin d’anticiper les besoins énergétiques.

 

LES SOLUTIONS EN MATIERE D’ECONOMIE D’ENERGIE :

1 - Le scénario NEGAWATT : Il prévoit un développement massif des économies d’énergie par le biais de mesures de sobriété et d’efficacité énergétique. La mise en œuvre de ce scénario aboutit à un effet positif sur l’emploi avec plus de 240000 à l’horizon 2020 et 630000 en 2030. Les secteurs du bâtiment et des transports sont les plus concernés. Lorsque le marché de l’immobilier leur est favorable, les promoteurs immobiliers n’hésitent pas à utiliser la vielle technique du bulldozer. La première ligne de tramway de Tours est à peine terminée que l’on peut recenser à Tours-Nord 30 chantiers en cours ou à venir (sans prendre en compte le nouveau quartier de Monconseil).

2 - La régulation Diurne-nocturne : Cette vielle technique des premiers compteurs bleus doit être revue et corrigée (voir paragraphe sur le compteur LINKY) Le stockage de l’énergie issue de l’électricité est un élément de régulation du réseau et de l’optimisation du fonctionnement de nos centrales nucléaires. EDF doit avoir une politique plus ambitieuse sur le développement des tranches horaires et de la dégressivité des tarifs. La RT 2012 ne favorise pas le stockage de l’ECS et cette erreur doit être corrigée. La voiture électrique représente aussi un gros potentiel en matière de stockage nocturne.

3 - Les compteurs LINDKY : la numérisation du comptage va révolutionner les usages des consommateurs. Ils vont enfin disposer de la lecture leur consommation en temps réel, ils vont pouvoir ajuster leur contrat avec leur consommation, obtenir la facturation de leur consommation réelle, et bénéficier d’interventions simples à distance… L’expérimentation en milieu rural en Touraine a permis aussi de constater le dysfonctionnement de certaines installations… D’une façon plus générale, le compteur LINDKY va contribuer au déploiement des technologies du SmartGrids.

4 - La domotique : elle reste une valeur sûre en termes d’économie d’énergie et de confort. Malheureusement, ses applications ne sont guère démocratisées car chaque constructeur a développé son propre système (propriétaire). La centralisation des interventions, de pilotage et de contrôle est de ce fait impossible. La i-domotique avec la box adéquat va-t-elle révolutionner ce marché ? Il faut l’espérer car les économies à réaliser à partir de cette technologie sont significatives. De plus, la possibilité de paramétrage par l’utilisateur à partir d’un ordinateur et les commandes à distances disponibles grâce à Internet va mettre les constructeurs au pied du mur.

5 - Le chauffage urbain : Peu significatif en matière d’économie d’énergie (environ 5%) mais très intéressant sur l’impact carbone, le chauffage collectif est une véritable solution pour dépolluer nos villes. Le PNAQ II (Le plan national d’affectation de quotas d’émission de gaz à effet de serre II) s’est traduit par une baisse des allocations de quotas de plus de 25 % pour le chauffage urbain et on enregistre pour toutes les installations confondues un excédent de quotas En plus, le comptage de calories est désormais une technique élaborée qui permet d’individualiser la gestion. En 2011, il existait 473 réseaux de chaleur dont 15 de froid, la puissance installée est de 16962 MW, la longueur des réseaux est de 3 789 km, et il y a 2 153 374 équivalents logements livrés. Le réseau le plus représentatif est le CPCU (Paris). Le gros avantage du chauffage urbain est son adaptabilité aux énergies de substitution (biomasse, géothermie, pompe à chaleur, cogénération, etc). En 2011, 44% des installations utilisaient au moins une source d’énergie renouvelable et de récupération.

6 - L’éclairage publique : C’est un vaste chantier en matière d’économie d’énergie (remplacement des lampes obsolètes par des lampes haute performance et basse consommation, suppression des sur éclairements supérieur à 30 lux, mise en place des cellules astronomiques, des modules de gradation et des ballasts électroniques.

 

LES TECHNIQUES EXPERIMENTALES FONT LEURS PREUVES :

1 - Soulltz-la-forêt : Le projet visionnaire de Soultz-la-forêt dans le Bas-Rhin est en service depuis 1 an. On remonte de l’eau chaude à 200°C depuis un forage de 5 000m de profondeur afin de produire de l’électricité. Le rendement global de cette installation n’est pas bon mais il pourrait être notablement amélioré en adjoignant au réseau secondaire des installations agricole, agro-alimentaire et industrielle utilisatrice de chaleur.

2 - La ville de GUSSING : de 4000 habitants située dans le sud-ouest de l’Autriche possède une centrale de gazéification du bois de 1 MW. Le biogaz est utilisé pour le chauffage urbain et pour alimenter des centrales électriques. La production annuelle est supérieure aux besoins des habitants (c’est une vieille histoire…le gazogène)

3 - Le projet d’ASTORGA  : en Galice (Espagne) a associé la culture du taillis à courte rotation ou à très courte rotation (TCR ou TTCR) avec la gazéification des déchets de bois. TCR et TTCR → Saule, peuplier, eucalyptus, robinier, faux-acacia.

4 - La pile à combustible : le Japon est passé de la phase expérimentale à l’industrialisation et à la commercialisation d’unités domestiques. A ce jour 22000 unités ont été vendues.

Les pays de Loire se considèrent être la terre d’accueil des EMR (Energie Maritimes Renouvelables). Elles regroupent les énergies marémotrices,  hydrolienne, houlomotrice, thermique, osmotique, Eolienne, Biomasse maritime.

Si on intègre les économies d’énergie comme une source d’énergie à part entière et à consommation globale constante, le nouveau mix énergétique pourrait s’envisager de la façon suivante :

EN CONCLUSION :

1°) l’élaboration d’un SCOT, d’un PLU et d’un PDU d’une ville, d’une communauté de communes ou d’une agglo doit impérativement être élaboré à partir de ces considérations et de ces orientations. La densification, les nouvelles constructions, la réhabilitation urbaine, les transports et les déplacements doivent intégrer ces nouveaux concepts afin que nous puissions nous orienter avec assurance vers un nouveau mix énergétique durable.

2°) Si on applique la diminution de la consommation d’énergie de 20% sur la consommation moyenne par an et par habitant, on obtient la valeur de 5775 KWh soit la consommation des années 88-90. Autant dire que ce challenge n’est pas très compliqué à atteindre si tout le monde s’y met et respecte les règles de bases. Quand Jacques CHIRAC a voulu diminuer le nombre de morts sur les routes, les bonnes mesures ont été prises et les résultats aujourd’hui sont au rendez-vous.

3°) L’énergie nucléaire ne peut être remise en cause tant que les ENR n’auront pas pris un essor significatif qualitativement, qualitativement et durablement.

4°) Le prix de l’électricité en France est une des moins chère de la zone Euro. La commission de régulation de l’énergie prévoit une hausse de 30% du prix de l’électricité. Il y a aujourd’hui trop de disparité du coût des différentes énergies. Les tarifs doivent-être homogènes par TEP ou KWh. A titre indicatif, voici pour l’habitat, le prix moyen des types d’énergie (en c€ TTC par kWh PCI) Source DGEMP, ADEME.

Ce billet a été réalisé grâce aux informations et aux articles produits par :

Negawatt : Global Chance et Négatep : associations de chercheurs et de scientifiques

Enerdata : Société d’expertise et de conseils

DGEC : Direction de l’énergie et du climat

UFE : Union Française de l’électricité (normes électrotechniques Françaises)

AREVA : Leader mondiale de l’énergie nucléaire et des énergies renouvelables

CEA : Commissariat à l’énergie atomique

RTE : Réseau de Transport électrique

LET : Laboratoire d’économie des transports

CIRED : Centre international de recherche sur l’environnement et le développement

CRE : commissariat de régulation de l’énergie (domaine juridique, économique et technique)

ADEME : Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie

DGEMP : Direction Générale de l’Energie et des matières Premières

INSEE : Institut national de la statistique et des études économiques

CNRS : Centre National de la Recherche Scientifique

L’air liquide

SNCU : Syndicat National du Chauffage Urbain

Et les différents articles de la presse nationale.

Et les sites Internet la-domotique.fr ; lesnumériques.com

Et milles excuses pour ceux que j’ai oublié.

Yves MASSOT

Succession de crises ou changement d'ère

Succession de crises ou changement de société : Traditionnellement, les intervenants terminent leurs discours par une citation. De nature quelque peu anti conformiste, je vous propose l’inverse. L’économiste Italien Antonio Gramsci (GRAMCHI) qui n’était pas vraiment très ami avec Benito, a dit en 1930.

 

« La crise, c’est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître »

 

Beaucoup d’hommes politiques et certains médias passent l’essentiel de leur temps à nous parler des crises successives que nous traversons et à cet égard, les qualificatifs et les commentaires vont bon train. « Crise conjoncturelle ou structurelle, crise de confiance ou crise politique » Le journal les échos du mardi 28 février 2012 titrait encore à la une « Et si nous traversions une troisième crise pétrolière…»

Il est grand temps de faire taire les défaitistes, les pessimistes et autres alarmistes. Le vrai courage politique consisterait à expliquer à nos concitoyens que nous sommes en pleine mutation sociétale. La démagogie et le populisme nous écartent des véritables problèmes. La fréquence des scrutins et le calendrier électoral ne sont plus en harmonie avec l’évolution de notre société. Les Français ont besoin, plus que jamais, d’un discours de vérité même si celle-ci n’est pas facile à dire et à entendre. D’où venons-nous ?  Où en sommes-nous ? Et où allons-nous ?

En France, depuis des lustres, nous ne pouvons pas envisager un soupçon de changement sans bras de fer, sans conflit et, dans certains cas, sans affrontement…

 

« Rien n'est permanent, sauf le changement » disait Héraclite

 

Donc pas d'étonnement si je vous parle de changement !

 

Changement ! La démographie mondiale galopante : Entre 1960 et 2011, La population mondiale est passée de 3 à 7 milliards. Claude LEVY-STRAUSS a déclaré : "Nous sommes dans un monde auquel je n'appartiens déjà plus. Celui que j'ai connu, celui que j'ai aimé, avait 1,5 milliard d'habitants. Le monde actuel compte 6 milliards d'humains ; ce n'est plus le mien." Il a résumé en quelques mots simples, le sérieux talon d'Achille de notre monde en ce début de 21ème  siècle.

L’ONU publie le 3 mai 2011 que l'humanité pourrait atteindre 9,3 milliards de personnes vers 2050, mais après avoir passé un cap de 10,1 milliards d'ici 2030 environ. Le rapport 2009 du fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) précise que "l'éffort à long terme nécessaire pour maintenir un bien être collectif qui soit en équilibre avec l'atmosphère et le climat exigera en fin de compte des modes viables de consommation et de production, qui ne peuvent être atteints et maintenus que si la population mondiale ne dépasse pas un chiffre écologiquement viable". A la place du vocable viable, j'aurais préféré qu'on nous propose un chiffre, ça aurait été beaucouip plus clair pour tout le monde. Selon l'Agence Internationale de l'Energie (AIE), la consommation d’électricité dans le monde devrait augmenter de 75 % entre 2007 et 2030, passant de 20 000 Terawatt/h à 35 000 TWh. Chine et Inde en tête, les pays en voie de développement seraient à l'origine de plus de 80 % des nouveaux besoins, la consommation d'électricité augmentant avec le niveau de développement.

 

Le changement climatique : imposture ou vérité ! : Que l’on suive avec attention les travaux du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) ou que l’on soutienne allègrement ALLEGRE, les faits sont irréfutables. Le principe de précaution à cet égard doit s’appliquer et les mesures adéquats doivent être mises en œuvre sans attendre. Le protocole de KYOTO (traité international visant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre) a placé les enjeux au bon niveau et des mesures « d’observance » ont été élaborées. Les orientations et les engagements du sommet de COPENHAGUE et des différents G8 et G20 qui ont suivis restent très décevants.

Outre les effets désastreux écologiques engendrés par tous les types de pollution, l’impact du changement climatique sur l’économie mondiale est en train d’augmenter. Pour les experts du Forum économique mondial, les catastrophes naturelles, le changement climatique et la pénurie d’eau font partie des principaux risques pour le monde en 2014. L’économie mondiale perd tous les ans 1,5 % du PIB, soit 1,2 billion de dollars, à cause du ralentissement de la croissance dû au changement climatique. D’ici 2030 ce chiffre doublera pour atteindre 11 % du PIB pour certains Etats les plus pauvres.

En conclusion sur ce point, je voudrais souligner que notre planète a subit bon nombre de changement climatique conséquents. Selon les éthologues, les espèces animales qui ont survécus sont celles qui possèdent de très grandes facultés d’adaptation…

 

Changement ! La raréfaction des énergies fossiles :Les faits sont là, les quantités restantes sont estimées et le rétro planning est établi. La course est engagée mais tout le monde n’était pas présent sur la ligne de départ. C’est un enjeu fondamental pour le développement durable de notre planète. Une diversification équilibrée des ressources et des moyens de production énergétique associés à un programme d’économie d’énergie drastique sera notre planche de salut. A ce jour, aucun homme politique n’a pris ce problème au sérieux. En 1960, un habitant consommait en moyenne sur l’année 1463 KW/h. En 2004, il consommait 7686 KW/h : depuis cette date, ce chiffre stagne et à même tendance à se rapprocher de la barre des 7500  KW/h.

Aujourd’hui, nous entendons parler beaucoup de transition énergétique mais je crains que le vocable «transition» ne soit pas très adapté à notre situation. Il convient de faire des choix stratégiques pour envisager notre avenir énergétique à court, moyen et long terme pour :

1. Economiser les énergies fossiles


2. Diminuer massivement l’impact carbone


3. Répondre à l’obligation de service publique et anticiper les évolutions.


4. S’inscrire dans un nouvel ordre sociétal qu’est « le développement durable » en respectant ses trois fondements.


5. Répondre aux impératifs de la démographie.


6. S’inscrire dans la perspective d’une Europe Energétique.

 

Evidemment, cette thématique m’intéresse car c’est un peu mon métier et si d’aventure vous allez sur mon blog, vous y trouverez un article documenté. Selon moi, la bonne stratégie consiste à réalisé un mix énergétique équilibré entre les les produits pétroliers, les énergies nouvelles, l’électricité et le gaz  (4 x 20%), réaliser 15% d’économie d’énergie sur la consommation actuelle et 5 % de récupération de chaleur.

 

Changement ! L’innovation : L’innovation se classe en 3 catégories : l’innovation incrémentale, l’innovation de rupture et les révolutions technologiques :

- La première est très certainement la plus saine car elle se gère au fil de l’eau et sans à coup. On adapte le produit ou l’offre de service en adéquation avec le marché et la techno du moment.

- La deuxième crée une rupture entre le produit ancien et le nouveau. Pour stigmatiser ce type d’innovation on peut dire que ce n’est certainement pas les fabricants de bougies qui ont inventés la lampe électrique… Plus récemment l’IPhone et ses protections technologiques a créé une véritable rupture vis à vis des principaux constructeurs dont certains ont été mis en sérieuses difficultés.

- La troisième c'est la révolution technologique. Nous avons connu différentes vagues de disparition de filières complètes. La sidérurgie, la confection, et aujourd’hui de l’imprimerie, la presse, etc. L’impact du numérique n’est pas tout a fait terminé qu’une nouvelle révolution technologique arrive à grands pas ; les NBIS à savoir les nanotechnologies, les biotechnologies, l’informatique, et les sciences cognitives (philosophie, linguistique, anthropologie, neurosciences, informatique, psychologie)

Pour terminer sur ce sujet, on peut donner plusieurs exemples d’innovation majeures qui vont modifier considérablement notre quotidien. Ce très grand pourvoyeur de voyageurs qu’est la RATP a mis en service des voitures sans chauffeurs sur la ligne 1 du métro parisien. Doit-on aussi rappeler l’existence de la voiture sans chauffeur de GOOGLE et le robot qui exécute des tâches pour lesquelles aucune programmation n’a été réalisée. L’imprimante 3D n’a pas fini de nous étonner et d’ores et déjà les applications sont colossales. N’oublions pas, comme le soutient Marc GIGET, que le point de départ de l’innovation, c’est l’homme et l’aboutissement, c’est toujours l’homme.

 

Changement ! D’une économie de marché vers une économie de service : Nous quittons progressivement l’économie de marché pour laisser place à une économie de service. Cette mutation n’épargne pas l’industrie automobile, comme beaucoup d’autres. Nous sommes passés en quelques années de la voiture statutaire à la voiture utilitaire, de la voiture propriétaire à la voiture partagée, de la voiture objet à la voiture servicielle. L’automobile doit désormais s’intégrer dans un concept global de la mobilité durable. Les statuts, les représentations et les usages sont en pleines mutations. Attention à la casse car il n’y aura pas de prime…

C’est Rank Xerox qui a lancé cette vague en arrêtant de s’obstiner à vendre des machines à photocopier et en imaginant un tout autre concept : c’est à dire vendre des photocopies et tout le service qui va avec sous forme de contrat global (dépannage, encre, papier, etc)

Michelin propose aux compagnies aériennes non plus la simple vente de pneus mais la prise en charge d’une prestation de service globale garantissant un certain nombre de décollage et d’atterrissage. (Le nouveau Radial permet d’atteindre 300 atterrissages)

C’est une approche markéting nouvelle basée sur l’observation, le décryptage et l’organisation des besoins du client afin d’insérer l’offre dans la chaine de valeur.

Dans la région centre, nous avons un cluster spécialisé dans ce domaine qui s’appelle NECOË. Par ailleurs, la situation évolue à grands pas et d’autres types d’économies émergent comme :

•  L’économie verte

•  L’économie circulaire

•  L’économie créative

•  La Silvère économie

•  L’économie collaborative

•  L’économie sociale & solidaire

•  L’économie de la ressource

•  L’économie de la connaissance

•  L’économie du numérique

•  L’économie de l’énergie

•  Etc

Avant de clore ce chapitre, j’ai pris connaissance d’un article très intéressant qui affirmait que la crise écologique allait révolutionner l’économie de service et j’ai noté au passage une petite phrase qui a son importance « L’exigence de durabilité porte une exigence d’égalité »

 

Changement ! De Gutenberg au Web 2.0 : L’industrie de l’imprimerie est en pleine difficulté et il est important de rappeler qu’une partie des entreprises du groupe Lasky (MAME) vient d’être placée en liquidation judiciaire ; le journal « Paru - Vendu » a aussi disparu… Nous entrons dans l’ère du numérique et les TIC révolutionnent beaucoup de choses. Selon les statistiques officielles américaines, l’informatique et les télécoms ont été responsables des deux tiers de l’augmentation de la productivité depuis 1995 tous secteurs confondus. Les mêmes constatations ont été établies dans de nombreux pays, comme l’Allemagne, l’Australie, le Canada, la Corée du Sud, la Finlande, la France, le Japon, les Pays-Bas et la Suisse. La véritable révolution, c’est le WEB 2.0 et ça mérite quelques explications. Le Web 2.0 est l'évolution du Web vers plus de simplicité et ne nécessitant pas de connaissances techniques ni informatiques pour les utilisateurs. C’est aussi l'interactivité permettant à chacun, de façon individuelle ou collective, de contribuer, d'échanger et de collaborer sous différentes formes. C’est une véritable révolution technique, culturelle et informationnelle. En quelques années, nous avons multiplié la quantité d’informations d’une façon exponentielle. Les moteurs de recherche, les flux RSS, le cloud, l’open data et le big data viennent accélérer ce phénomène en mettant à notre disposition des moyens pour trier, rationnaliser la recherche de documents, les stocker et les utiliser.

Quelques exemples :

Facebook compte 500 millions d’usagers – et plus de 700 000 nouveaux par jour.

Il s’échange plus de 2 milliards de messages par mois (« tweets ») sur le réseau de Twitter et le nombre de Followers (adhérents – partisan) explose.

En quelques jours un réseau d’auto entrepreneur s’est formé « Les poussins »

 

Changement ou bouleversement : L’économie de la connaissance : Les responsables politiques de l’Union européenne ont admis qu’il fallait moderniser en profondeur l’économie européenne afin de conserver notre compétitivité vis-à-vis des États-Unis et d’autres grands acteurs de l’économie mondiale. Le Conseil européen a fixé à Lisbonne en mars 2000, l’objectif ambitieux de faire en sorte que : (je cite) "l’économie de la connaissance soit la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale". L’innovation, les TIC et l’intelligence économique constituent les trois fondements de notre nouvelle économie entrepreneuriale.

 

Changement ! Le client est roi : La société de consommation est, elle aussi, en pleine mutation. Les différentes lois sur le consumérisme (la dernière en date, la loi Hamon) et le besoin légitime de nos concitoyens d’améliorer la qualité de leur vie ont participé à cet essor. Les enseignes de la grande distribution perdent leurs repères et les rentabilités s’amenuisent. Les associations de consommateurs militent et travaillent pour rendre le consommateur autonome et éco-responsable. Le recours est desormais possible en France depuis le 13 février 2014. Traçabilité, bilan carbone, proximité, service, labellisation, disponibilité, qualité et nouvelles technologies sont les mots clés du consommateur de demain. Par ailleurs, le commerce électronique est en développement exponentiel et les sites de comparaison de prix se multiplient comme Kelkou, leguide.com, touslesprix.com et bien d’autres… Les filières s'organisent et les centres de réservation et de billetterie en ligne se développe à profusion. Là encore, les pratiques et les usages sont en plein bouleversement ! Il va falloir imaginer le commerce de demain… avant, pendant et après la vente. Et puis enfin il y a le cross-canal qui a pour but de favoriser la synergie entre les différents canaux de distribution et de communication pour apporter au consommateur un maximum de confort lors de son processus d’achat.

 

Changement social et sociétal : Le sociologue Daniel MERMET a catégorisé les individus en trois : les moutons, les mutins et les mutants. Est-on vraiment radicalement classable dans une ou l’autre de ces trois M ? Je ne le pense car nous pouvons être un peu des trois à la fois à des degrés divers et dans des circonstances différentes, le principal c’est d’être assez courageux pour s’auto évaluer et évoluer.

Le secteur industriel a fortement régressé au profit du tertiaire. L’espérance de vie continue à croitre ; à titre d’exemple, les centenaires en France pourraient passés d’ici à 2050 de 8500 à 120 000 personnes. Nous nous dirigeons rapidement vers des familles à quatre générations. Par ailleurs, le divorce augmente  (44,7% des mariages en 2009 selon l’institut national démographique) et les familles recomposées aussi par voie de conséquence. Toutes ces évolutions ne sont pas sans poser de problèmes à moyen et long terme. On peut apprécier l’accueille qui a été réservé à la réforme des retraites en France...  

 

Changement ! Du village gaulois à la mondialisation : Sur le plan géopolitique, économique et financier nous sommes très rapidement passés d’une approche territoriale à mondiale. Il n’y a qu’un seul original qui mène une politique de démondialisation. Dans les précurseurs de l’utopie, il y avait Platon et Aristote ; aujourd’hui, il y a Montaubourg mais il ne joue pas tout à fait dans le même registre… Comme Hollande, il fait dans le redressement productif... Losqu'on parle de mondialisation il faut évoquer l’économie certes, mais aussi la culture, l’information, la communication, l’environnement, l’énergie, le commerce, etc. Les évènements sanglants du printemps arabe sont les prémices d’une volonté grandissante des peuples pauvres et opprimés d’obtenir plus de liberté, de démocratie et de justice sociale ; bien ou mal exprimé mais c’est ainsi. Par ailleurs, aujourd’hui on peut dire que la génération Y appartient au monde et non plus à une région ou un pays.

 

Changement d’ère : Bref, vous l’avez bien compris, rien ne sera plus jamais comme avant et nous devons désormais intégrer tous ces changements dans nos modes de vies. D’autres bouleversements interviendront comme celui qui guète l’éducation nationale, notre protection sociale, et l’entreprise. 

Et si nous changions aussi notre modèle de démocratie. Savez-vous que seulement 12% des Français en sont satisfait !

Nous devons imaginer ensemble notre avenir. Le paradoxe français réside en ce que les gens veulent des améliorations mais rares sont ceux qui acceptent le changement (et je ne parle pas des réformes). Jean-Pierre Raffarin se plaît toujours à dire que la responsabilité du politique c’est d’organiser l’unité en respectant les diversités mais il oublie de préciser que nous sommes dans le monde du vivant donc de la complexité et du changement permanent. L’adaptabilité, la rapidité, la mobilité et la connaissance seront nos ressources pour aborder l’évolution inéluctable de notre société.

 

Conclusion : Nous devons impérativement remettre l’homme à la place qu’il n’aurait jamais dû quitter c’est çà dire au centre de nos préoccupations. Notre responsabilité de citoyen est de choisir des hommes politiques capables de relever ce défi, de donner du sens et de la cohérence à leurs idées et à leurs actions en harmonie avec les valeurs actuelles en nous entrainant à participer activement et collectivement à construire notre futur dans un climat de fraternité.

 

Après le chaud véhément

Revient l’extrême froidure,

Et rien au monde ne dure

Qu’un éternel changement.

Honorat de Racan 1589/1670

Yves MASSOT

Le blog de l'élu

Adjoint au Maire de Tours

Conseiller communautaire

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