LES TRANSPORTS EN COMMUN

La gratuité des transports en commun - Pour ou contre Par Yves Massot

Les principes de base :

1°) La gratuité des transports en commun a pour corollaire automatique la prise en charge des transports publics par le budget des collectivités.

2°) Dans notre société consumériste, ce qui apparaît comme « gratuit » devient rapidement dépourvu de toute valeur et de respect.

3°) Le transport payant positionne l’usager en client et le prestataire en fournisseur ; il s’instaure alors une relation d’échange commercial positif.

Les villes pratiquant la gratuité : Aubagne, Compiègne, Châteauroux, Vitré, Gap, et Noyon (60) ont décidé de procéder à la gratuité des transports mais ces villes ont en même temps modifié l’offre de transport ; l’impact de la gratuité n’a pas pu être apprécié sur une longue durée. On pourra noter que les élus de la ville de Châteauroux sont très satisfaits de leurs décisions en déclarant «  ces résultats ont permis de rendre les transports plus attractifs grâce à la gratuité, à la refondation du réseau et à la rénovation de nouveaux quartiers ».

 

Les critères à prendre en compte :

  • Les coûts liés à la billetterie, à l’encaissement, au contrôle et à la gestion de la fraude doivent être pris en compte dans la gestion des transports payants.
  • 4 chômeurs sur 10 refusent un emploi faute de moyens de transport.
  • Un progrès de 1% de l'efficacité des transports (indicateur de la vitesse moyenne) élargirait de 1,39% à 2,25% la taille effective du marché́ de l'emploi, et cette dernière augmenterait ainsi de 0,24 à 0,56% la productivité de l'agglomération.
  • La Répartition des ressources à Tours s’établi de la façon suivante :
  1. Les employeurs (Versement Transport) 46%
  2. Les collectivités territoriales (impôt) 35,5%
  3. Les voyageurs (recette commerciale) 16,5%
  4. L’état 2%

L’expérience de Grenoble : Grâce à l’amélioration de l’offre de transport et de l’information, Grenoble, a augmenté la fréquentation des transports collectifs de 25% en 3 ans pour atteindre 58 millions de voyageurs dont 25 millions par le tram tout en maintenant le transport payant.

 

L’expérience des villes qui ont abandonnées le transport gratuit : La gratuité prive les organisateurs des transports d'une partie des recettes. ''Dans la plupart des villes, la priorité serait davantage de développer le réseau et l'offre de transport. C'est l'avis des villes qui ont abandonné la gratuité'', comme Castellón (Espagne) qui a appliqué la gratuité de 1990 à 1997 ou Bologne (Italie) de 1973 à 1977.

 

Tordons le cou aux idées reçues : Ce qui fait l’attractivité des transports en commun, c’est le confort, la cadence, la rapidité, la proximité des arrêts avec le domicile et le lieu de travail, le maillage, les ruptures de charge minimums (en nombre et en temps), l’accessibilité pour tous, le coût. Aucune étude ne permet de hiérarchiser ces différents critères.

 

L’automobile en référence : Un site très spécialisé précise à la fin d’une étude sur la qualité de l’offre et usage du transport public en milieu urbain : « La qualité de l’offre de transport public estimée très finement apparaît en effet comme une variable incontournable à prendre en compte pour expliquer l’usage des  transports en commun. Toutefois, analysée individuellement, la qualité de l’offre seule ne parvient pas non plus à en expliquer l’usage. Ce n’est qu’en la comparant avec l’accessibilité fournie par l’automobile, principale concurrente, que l’on parvient à mieux comprendre, sur un ensemble de trajets donnés, les ressorts du choix modal. »

 

Taxe Versement Transport (TVT) : Les transports sont financés par les entreprises publics et privées (au dessus de 9 personnes) par la Taxe Versement Transport (TVT) perçue par l’URSAFF et reverser aux organismes organisateurs des transport en commun. Les périodes de sous activité comme celles que nous traversons défavorise aussi fortement la TVT.

 

L’effet tramway : L’arrivée du tram dans une ville a également d’autres effets positifs, notamment l’incitation à des recompositions urbaines, des aménagements de l’espace public (voirie, stationnement, trottoirs, plantations...) ou d’autres opérations d’urbanisme (création de logements, de commerces ou de centres d’activité́).

 

La dualité entre transport privé et public : En France, la somme totale dépensée par les ménages pour les transports atteint 147 milliards d'euros, dont 126 milliards d'euros pour les modes individuels de transport et 20,6 milliards d'euros pour les transports en mode collectif, dont 3,5 milliards d'euros en transports urbains de voyageurs. ''Ainsi un ménage moyen consomme énormément plus pour sa voiture individuelle, que pour le train, ou le transport collectif urbain. Le défi est donc de faire en sorte qu'une partie des dépenses consenties pour l'automobile par les ménages se reporte vers les transports collectifs'', conclut la fédération.

Une enquête quantitative menée par l'Institut Wallon d'études, de recherches et de formation (IWERF) en mai 1996 montrait que l'un des freins à la fréquentation des transports en commun était leur mauvaise image auprès des citoyens. ''Considéré comme une obligation, son usage ne suscite aucun plaisir. Au contraire, la voiture représente l'espace privé par excellence''. (Revue de presse - Selon le site Actu-environnement)

 

Pas de hausse flagrante de la fréquentation des transports avec la gratuité : ''A très court terme, la gratuité des transports en commun peut faire exploser la fréquentation qui diminue ensuite'', notait le programme de recherche et d'innovation dans les transports terrestres (Predit). ''En comparant des villes avec des transports en commun payants d'une taille voisine de celles pratiquant la gratuité, on constate qu'il n'y a pas de corrélation directe entre niveau de prix et usage'', poursuit le rapport. C'est seulement accompagnée de mesures (politique de stationnement, voies de circulation spéciales) que la gratuité aurait réellement un impact sur la fréquentation. La qualité de l'offre (amplitude, fréquence, régularité) serait davantage déterminante dans une augmentation de report modal.

Conclusions :

  1. La gratuité n’est pas un critère unique et déterminant pour mener une politique de développement quantitatif et qualitatif des transports en commun.
  2. La voiture ne doit pas être le mode de transport à bannir mais à transposer en mode collectif. Une approche psychologique, sémiologique, philosophique et sociologique commandée par le ministère de l’équipement, des transports et du logement  a été réalisé par un groupe d’expert sous l’égide du CERTU. Son titre est révélateur « La voiture, cet incontournable objet de désir » dite aussi « l’objouet » (à disposition sur Internet)
  3. Pour développer les transports en commun, il faut travailler sur 4 leviers : l’investissement, les usages, l’image et la communication (TIC).

Documents à Consulter impérativement

Historique du Tramway de Tours
Tramway de Tours.pdf
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La carte des cars à bas prix dit loi Macron

Vous remarquerez que je n'ai pas titré "low cost"

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