LE SEPTIÈME CONTINENT

Par Yves MASSOT – Fait à Tours le 26 mars 2020

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Mieux vaut prendre le changement par la 

main avant qu’il ne nous prenne à la gorge.

Winston Churchill

 

L'origine de toutes les pollutions : Qu’on ne s’y trompe pas, une majeure partie des pollutions sont de nature anthropique. Pour en être convaincu, il suffit de surfer sur les sites spécialisés et constater le désastre ; pollution de l’air, de l’eau, du sol, pollution sonore, lumineuse et électromagnétique sans oublier les déchets (ménagers, hydrocarbures, nucléaires, bâtiments et travaux publics, etc.). Selon Rénald Wirght, le dernier siècle de notre existence a laissé derrière nous plus d’ordures que nous n’en avions produites pendant des millions d’années. 

Les mauvaises décisions forgent un piètre avenir : Plutôt que de vouloir légiférer sur tout et n’importe quoi, le législateur devrait se pencher un peu plus sur la cause environnementale et prendre sans délai les mesures radicales pour endiguer toutes les formes de pollution. À titre d’exemple, l’ADEME considère que l’eau du robinet fait l’objet de contrôles réguliers et rigoureux par rapport à des normes très strictes. Elle coûte 100 à 300 fois moins cher que l’eau en bouteille et permet d’économiser jusqu’à 170 000 tonnes de plastique par an. L’Allemagne, elle de son côté, pratique la consigne des bouteilles plastiques ce qui incite les consommateurs outre Rhin à rapporter les emballages là où ils les ont achetés. 

Depuis la directive européenne 92/75/CEE du Conseil du 22 septembre 1992, les appareils électroménagers doivent être pourvus d’une étiquette affichant la performance énergétique sous forme d’histogramme désormais familier à tous les consommateurs. Alors pourquoi laisse-t-on vendre des équipements énergivores à vil prix ? C’est la conséquence d’une réglementation incomplète. 

 

Le septième continent : Il est formé par une grande concentration de déchets flottants plastiques sur l’océan Pacifique ; les images parlent... Voici quelques chiffres, pour se faire peur ! 

·       3,5 millions de km2 (1/3 de l’Europe et 6 fois la France) 

·       750000 débris par km2 

·       Découvert en 1997 par le capitaine Charles Moore 

·       Composé de plastiques à 90% et 80% des déchets proviennent de la terre via les fleuves 

·       267 espèces marines sont menacées 

 

Origine du plastique : La matière plastique est un mélange contenant une matière de base, un polymère et susceptible d'être moulé, façonné, en général à chaud et sous pression, afin de conduire à un semi-produit ou à un objet. On peut observer aujourd'hui sur un même matériau des propriétés qui n'avaient jamais auparavant été réunies, par exemple la transparence et la résistance aux chocs. Les plastiques se présentent sous de nombreuses formes : pièces moulées par injections, tubes, films, fibres, tissus, mastics, revêtements, etc. Ils sont présents dans de nombreux secteurs, même dans les plus avancés de la technologie. À ceci, il faut ajouter les textiles (fils et fibres) ainsi que les élastomères ne sont pas des matières plastiques proprement dites, mais qui flottent admirablement bien ! Données extirpées du site Wikipédia, page « plastique » 

 

2040, un objectif de zéro emballage plastique : Tubes de dentifrice, bidons de lessive, pots de yaourt ou encore bouteilles de shampoing... Tous ces plastiques jetables ne feront plus partie de notre quotidien en 2040. Cependant, il s’agit d’inscrire dès à présent la France sur une trajectoire, afin de supprimer ces plastiques progressivement pour atteindre le zéro plastique jetable. Voilà en substance les objectifs que s’est donnés le gouvernement que vous pouvez découvrir à l’adresse Internet ci-dessous avec pour titre « Fin des plastiques jetables : les mesures du gouvernement ». 

https://www.gouvernement.fr/fin-des-plastiques-jetables-les-mesures-du-gouvernement

 

La dictature des grandes surfaces : Dans le cadre de la loi Grenelle 2 de juillet 2010, un article stipule que : « au plus tard le 1er juillet 2011, tout établissement de vente au détail de plus de 2.500 mètres carrés proposant en libre-service des produits alimentaires et de grandes consommations se dote, à la sortie des caisses, d'un point de reprise des déchets d'emballage issus des produits achetés dans cet établissement ».  Malheureusement comme la loi n’est pas très claire, elle ne précise pas quels sont les organismes chargés de faire appliquer cette obligation et les sanctions encourues. Conclusion, les grands ténors de la distribution ne respectent pas les dispositions de cette loi bien qu’ils se prétendent être les chantres de l’écologie et du développement durable. Dernièrement, j’ai acheté des cartouches d’encre pour mon imprimante. Étant impressionné par la quantité de déchets générés par ce produit, j’ai demandé au vendeur quelle en était la raison. « Les vols, Monsieur, les vols ! » a-t-il répondu d’un air indigné comme si ma question était sotte et saugrenue…

 

Les lobbyistes : Le profil type du lobbyiste est du genre mercenaire, sans foi ni loi, sans père ni mère. Il ne respecte rien sauf l’argent que lui verse son client une fois sa mission accomplie. Pour en être persuadé, je vous propose de prendre connaissance des déclarations de Thierry Coste au journal Libération : « Aujourd’hui, je suis un mercenaire. Je vais là où ça paie le mieux ».

« Je n’ai pas de morale. Il n’y a pas beaucoup de gens qui l’assument, mais moi je l’assume complètement. Je défends des gouvernements étrangers qui sont des alliés de la France, mais qui ont parfois des comportements très douteux avec les droits de l’homme », expliquait-il au journal Marianne, en revendiquant, avec un certain cynisme. Inutile de préciser que les lobbyistes des professionnels de l’emballage et du packaging ont dû œuvrer sérieusement pour que l’échéance du zéro emballage plastique soit la plus éloignée possible ; cette loi est dépourvue d’intérêt. 

L’innovation : En période de crise, l’innovation devient une planche de salut. La France est classée à la 16e place au niveau mondial selon l’indice mondial de l’innovation 2019 (WIPO). La lourdeur administrative et la mauvaise qualité du climat des affaires en sont les principales causes. Je reviendrai sur ces données, car je crois que nous n’avons pas encore très bien compris l’enjeu de l’innovation pour sortir des différentes crises auxquelles nous sommes confrontés. Un peu de benchmarks chez nos voisins suisses ou suédois qui tiennent le haut du pavé en la matière nous permettraient de mieux aborder la thématique. Ce dont je suis persuadé, c’est notre incapacité à intégrer et à globaliser l’innovation dans nos concepts managériaux, organisationnels et collaboratifs que ce soit dans les domaines du privé, du public, ou associatif. Tout seul, on va plus vite, mais à plusieurs, on va plus loin ! 

La réglementation européenne sur la qualité de l’air a contraint l’industrie automobile à mettre en œuvre une motorisation et des équipements adéquats. Il en est de même sur la réglementation de la vitesse sur les routes ; nous sommes passés de 18000 morts en 1970 à 3200 en 2019. Dans le même temps, le nombre de véhicules n’a pas cessé de croître ; 12,5 millions en 1970 contre 33 millions en 2019. Parallèlement, la sécurité des véhicules a nettement évolué, toujours grâce à la réglementation. En conséquence, la réglementation reste un levier essentiel pour lutter contre tous les types de pollutions. Autre exemple, parmi d’autres : la part du PIB que l’Europe consacre chaque année à la recherche et au développement (R&D) est inférieure de 0,8 % à celle des États-Unis et de 1,5 % à celle du Japon selon une fiche thématique de l’Union européenne. 

 

Rétropédalage : La politique du tout jetable est inacceptable. La génération dite « Klennex » se plaît à répéter ; je prends, j’utilise et je jette ! Il faut revenir aux fondamentaux et se poser les vraies questions : le conditionnement est-il indispensable et son recyclage est-il possible. La vente en vrac, par exemple, reprend ses droits dans certains magasins et supermarchés ce qui a trois vertus ; on achète le strict nécessaire, c’est sans emballage et ça coûte moins cher. Par ailleurs, une nouvelle économie est en train de naître ; le deuxième usage ! 

La vie d’un produit : Comme tout humain, chaque produit naît, vit et meurt. Le plus bel exemple est celui de la voiture. En marketing, la vente d’un modèle varie dans le temps selon une courbe de Gauss. Lorsque la vente du premier commence à diminuer, il convient de mettre d’ores et déjà un deuxième sur le marché en substitution au risque de mettre les ventes en difficulté ainsi que la production et ainsi de suite (Courbes P1, P2 et P3 ci-dessous). 

La société Qualtrics nous explique sur son site Internet que pour développer un produit sur le marché, il faut appréhender les six phases de son cycle de vie (deuxième courbe ci-dessous). Sa durée sur le marché est variable et dépend essentiellement de sa qualité et sa réparabilité. L’obsolescence programmée est une véritable arnaque et c’est une mauvaise appréciation du marché de demain. Le consommateur ne doit plus céder à l’effet de mode, du clinquant et du tape-à-l’œil. Il est bien évident que la durabilité aura un effet bénéfique sur la gestion des ressources des matières premières, sur l’énergie pour la produire et l’utiliser. 

Enfin et contrairement aux idées reçues, le prix n’est pas le premier critère de choix du consommateur. Selon le CREDOC, l’hygiène et la sécurité viennent en premier suivi par la qualité du service après-vente et en troisième position, la fabrication française ; le prix arrive en quatrième position. 

Conclusion : Le consom’acteur, le consommateur écoresponsable, les associations de consommateurs, les sites de comparaison de prix et de prestations, les associations écologiques et tous ceux qui ont compris que le changement est obligatoire doivent se mobiliser pour faire pression auprès des pouvoirs publics, des politiques et des industriels pour faire évoluer les choses le plus vite possible. 

Le succès commercial de demain sera réalisé par les entreprises qui commercialiseront des produits diminuant les impacts environnementaux, qui développeront un marketing de l’empowerment et une politique sociale moderne et ambitieuse. « Les consommateurs ont rapidement compris, grâce à l’internet et aux réseaux sociaux, qu’ils disposaient de nouveaux leviers d’influence, de pression, sinon de contrôle, sur les marques et les entreprises. En développant un marketing de l’empowerment, ces dernières ne font que comprendre et s’approprier une tendance qu’elles pourraient difficilement ignorer (e-marketing.fr) »

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