La e-réputation

Mis à jour : mars 8



Côté rue et côté jardin : un salarié sur cinq, critique négativement son entreprise sur les réseaux sociaux ; c’est ce que révèle un sondage sur l’e-réputation. Il nous apprend que 86% des personnes interrogées pensent qu’un salarié qui critique son entreprise risque des sanctions. Par ailleurs, 16% des salariés du public sont sensibilisés par une charte comportementale alors que 8,6% du privé se prononcent en faveur de cette mesure. Ces quelques chiffres m’amènent à réagir et contre toute attente, il faut bien analyser la cause et l’effet. Je vous propose un coup d’œil, côté rue et côté jardin.


L’arbre qui cache la forêt : le chef d’entreprise doit bien sûr prendre en compte le regard négatif que porte son collaborateur sur la société, mais il doit aussi vérifier qu’il ne s’agisse pas d’un vent de fronde. Si c’est à caractère individuel, ça peut révéler un rapprochement stratégique vers la porte de sortie. Si c’est collectif, le manque de dialogue, de communication, d’organisation peut en être la cause et dans cette hypothèse, des mesures correctives s’imposent. C’est ce qu’on appelle plus simplement « sentir le vent venir… ».


Les réseaux d'alliances : il faut être en veille sur les réseaux d’alliances dans l’entreprise car ils peuvent être aidants, irritants ou dévastateurs. Ils fonctionnent à découvert ou sournoisement et pour les détecter, ce n’est pas aussi simple. La meilleure des stratégies c’est d’entreprendre une enquête sur le climat social ; c’est décoiffant, mais salutaire. Pour y parvenir, une aide extérieure est bénéfique, car elle est dépourvue d’a priori, de sectarisme et de sentiment et va vous aider à y voir clair.


Qui aime bien, châtie bien : certes, une faute grave mérite une sanction, car critiquer son entreprise en public (côté rue) n’est pas loyal et surtout peut porter préjudice. Dans tous les cas « La sanction calme la douleur, mais ne guérit pas le mal ». Par contre, elle a une vertu en ce sens qu’elle endigue provisoirement la contagion.


La parole est d’argent et le silence est d’or : madame et messieurs les salariés, twitteurs, blogueurs, facebookeurs et autres fanatiques de pokes, tags et émoticônes, tournez 7 fois votre doigt autour de la touche de votre ordinateur avant de rédiger n’importe quoi. Certes, Internet est un formidable outil de communication, de traitement et de diffusion de l’information, de liberté, de démocratie, et c’est tant mieux. Cependant, méfiez-vous, car c’est aussi un fabuleux outil de mémoire, de traçabilité et de recherche. Comparons cela aux trains ! Sur la quantité, il y en a très peu qui arrivent en retard, mais le jour où ça arrive, tout le monde en parle.


La nuit porte conseil : si vous avez la hargne, la grogne, la haine, la rage ou la rogne, défoulez-vous un grand coup sur votre ordi et placez votre billet bien au chaud dans un coin de votre disque dur et allez dormir. Ou mieux encore, laissez passer quelques jours puis reprenez tranquillement votre prose. Patinez votre propos en transformant toutes les phrases négatives en positives. Vous allez voir, c’est une véritable thérapie et ça change la vie.


Ô Miroir, mon beau miroir : pensez à soigner votre e-réputation (personnes physiques ou morales). Si vous n’y pensez pas ou si vous n’y prenez pas garde, d’autres y sont très sensibles, veillent et vous observent. Pour en être convaincu, je vous propose une saine lecture. Edouard Fillias et Alexandre Villeneuve ont publié aux éditions Ellipses un excellent bouquin qui s’intéresse à la chose : « e-réputation : stratégies d’influence sur Internet… »


La notation : elle est de plus en plus usitée pour évaluer tel établissement, magasin, société, association, site Internet et Blog, etc. Ça me rappelle l’école maternelle où l’instituteur nous donnait des bons points et en échange d’un paquet de 10, nous obtenions une image. C’est une technique ancestrale, vieille comme mathusalem, permettant aux élèves d’apprendre à lire ou à écrire. Généraliser ce concept sur tout et n’importe quoi me laisse pantois. Il est indispensable que chacun puisse garder son libre arbitre et faire ses choix en fonction de ses propres critères d’appréciation. En règle générale, toute émotion s’exprime ainsi : « J’aime ou je n’aime pas » et comme dans bien des cas, les sentiments prennent le pas sur le bon sens et l’impartialité.


Les commentaires : sur un même site et pour une même prestation, les commentaires d'appréciation de la prestation ou du produit peuvent être soit très négatifs, voire insultants ou au contraire très élogieux. En ce qui me concerne, je préfère de beaucoup l’évaluation orale, directe et spontanée ; lorsque c'est positif, je ne me prive pas de faire part de ma satisfaction, dans le cas inverse, ça peut décoiffer. Après, quand c'est bien je reviens, et quand je bannis, c’est fini !


Les réseaux sociaux : Twitter et Facebook seraient-ils des exutoires pour vieux frustrés, des antidotes pour inhibés invétérés ou des recueils d’états d’âme pour souffreteux cérébraux ou pires encore pour microcéphale congénital ? Seraient-ils des déversoirs de rancœurs, de vomissements d’injures et des concentrés d’invectives de tout genre ? Tout ceci ne m’intéresse pas. De temps à autre, certains font de l’humour, d’autres étalent leur science, les bobos font montre de leur haute culture, et les plus lettrés emploient des mots sophistiqués et académiques ! Quant à l’anglicisme, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase et là, je ne le supporte plus !


Pseudonymat : Afin de ne pas entacher leur e-réputation, bon nombre d'Internautes s’épanchent sur les réseaux sociaux avec des pseudonymes. On voit tout de suite le courage intellectuel de ces gens qui, pour bon nombre, perdent leur temps à nuire au lieu de luire, de détruire au lieu de séduire, de harceler au lieu d'apaiser, de haïr au lieu de chérir.


Broullion de culture : Bref, tout ceci n’est pas très glorifiant, c’est même carrément désopilant ; ce ne sont vraiment pas des outils pour élever le niveau ni pour engendrer la bienveillance. Je ne parle pas des fautes d’orthographe, de français, de conjugaison, de ponctuation, de syntaxe. Quant à certains messages incompréhensibles, ça frise l’analphabétisme, l'idiotie et le crétinisme.


La certification à la rescousse : la certification est assurément un gage de sérieux pour la structure et elle renforce sa notoriété et sa volonté de s’inscrire dans une dynamique de progrès, d’instaurer un travail organisé et collaboratif. Le bon manager est celui qui se dote d’outils et de démarches positives pour donner du sens à l’action et des valeurs partageables et mobilisantes. Le rapport de l'auditeur met en exergue vos qualités et vos défauts, vos forces et vos faiblesses ainsi que vos dysfonctionnements. Cette stratégie est de nature à placer la structure dans une posture d'e-réputation très favorable et à faire adhérer le plus grand nombre de collaborateurs.

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